Vous lancez un nouveau projet en agriculture, que ce soit dans le domaine des productions animales ou végétales ? Un conseil : anticipez et structurez votre communication ! Un plan d’actions réussi contribue à booster la vente, la notoriété ou l’attractivité des métiers agricoles. Voici comment préparer efficacement votre plan de communication en agriculture ou marketing.
1. Définir vos objectifs de communication
Avant tout, clarifiez ce que vous souhaitez accomplir. C’est peut-être évident pour vous, mais pas pour celles et ceux qui vous entourent ! Je vous conseille de formaliser vos objectifs, afin notamment d’embarquer les équipes dans le projet. Des objectifs clairs, partagés, c’est la base pour bien communiquer.
Alors, vous souhaitez communiquer pour ?
- Lancer un nouveau produit ou service auprès des viticulteurs
- Sensibiliser le public à l’occasion d’une porte-ouverte en élevage
- Attirer les jeunes générations au sein de votre coopérative ?
- Promouvoir un événement autour des bonnes pratiques agronomiques
- Former les équipes techniques aux enjeux climatiques ?
Plus vos objectifs seront précis, plus vous éviterez toute ambiguïté. Formulez les selon la méthode SMART :
- Spécifique : Informer les riverains sur la nouvelle station de compostage
- Mesurable : Atteindre 500 vues sur la page projet
- Acceptable / Réaliste : Avec un budget de 1500 € sur 3 mois
- Temporel : Avant l’inauguration prévue en septembre
2. Analyser le contexte agricole et les parties prenantes
Listez toutes les parties prenantes concernées par le projet, certaines seront des cibles de votre communication, d’autres des facilitatrices. Bien réfléchir à tous les acteurs et actrices impliqués vous permettra d’éviter de faire des impairs.
Parfois certains projets de communication vont aussi nécessiter la mise en place d’un comité qui validera les décisions. Réfléchissez bien aux personnes impliquées et au processus de validation. Le planning prévisionnel peut également en dépendre.
Quelles sont les parties prenantes ?
- Le conseil d’administration
- Les agriculteurs ou agricultrices (clients, adhérents…)
- Les élus locaux, chambres d’agriculture
- Les riverains
- Les acheteurs
- La coopérative
- Les salariés ou personnel saisonnier
- Les fournisseurs
- Les services concernés en interne : commercial, marketing…
Pensez aussi aux moyens et contraintes :
- Quel est le budget disponible ?
- Y a-t-il des contraintes de délais ou saisonnalité (ex. : vendanges, moissons, événement concurrent, vacances scolaires…) ?
J’ai trop souvent vu des opérations de communication menées à la hâte dans le domaine agricole. Prenez le temps de réfléchir à TOUS les acteurs concernés par votre action. C’est toujours désagréable de se faire rappeler – a posteriori – par une partie prenante qu’elle « aurait aimé être informée avant » ! Plus vous mobilisez de personnes en amont, plus elles soutiendront votre action.
3. Identifier et segmenter les publics cibles
Les cibles n’ont pas les mêmes besoins d’information, les messages et les outils utilisés devront s’adapter à chaque cible.
Classez vos audiences :
- Prioritaires : directement concernées
- Secondaires : intéressés indirectement ou prescripteurs auprès de la cible prioritaires
Par exemple, vous lancez une nouvelle application d’optimisation des intrants avec météo connectée. Vos cibles prioritaires, ce sont les agriculteurs spécialisés en grandes cultures. Vous pouvez bien sûr aller plus loin dans la segmentation (région, âge, type de production, SAU…). Vous pouvez aussi viser prioritairement des prescripteurs, comme les négoces ou les coopératives.
Vos cibles secondaires, ce sont les médias agricoles, les conseillers en grandes cultures…

4. Elaborer les messages clés
Pour chaque segment, développez des messages clairs, adaptés, toujours alignés avec les objectifs que vous avez définis au départ. Parfois, un seul message suffit, mais il sera diffusé sur différents médias.
5. Choisir les canaux de communication appropriés
La boîte à outils de communication est très riche et diversifiée ! C’est vraiment du cas par cas selon chaque entreprise.
Clients : newsletters, réseaux sociaux, rencontres en personne.
- Partenaires : réunions, rapports détaillés, collaborations en ligne.
- Communauté : communiqués de presse, événements publics, affichage local.
6. Planifier et organiser les actions de communication agricoles
Établissez un calendrier détaillé, en tenant compte des moyens (humain, budget), des contraintes temporelles, des processus de validation (comité projet, conseil d’administration ou de direction…).
- Quoi ? Action spécifique à mener.
- Quand ? Date, heure
- Qui ? Responsable de l’action
- Comment ? Ressources nécessaires.
Pour la forme de ce retroplanning, c’est celle qui vous convient ! Un tableau Excel, des outils de gestion de projets (Notion, Teams…).
Quand | Cible | Action | Outils – Médias | Qui ? | Budget | Indicateurs ou KPI |
Septembre | Agriculteurs prospects | Présentation Offre Agrivoltaïsme |
Conférence au Space + emailing + flyer jour J |
Service Com. Direction |
2000 € |
Taux de clics emailing Inscriptions Nb de présents |
📥Télécharger un exemple de plan de communication en agriculture sous forme de mindmapping (PDF).
Pour visualiser un plan de communication, je suis une grande adepte des Mindmapping qui permettent de tout résumer en une page (les cibles, les actions, les dates butoir…).
7. Passer à l’action (tout en s’adaptant)
Comme pour tout projet, les choses ne se déroulent pas toujours comme prévu. Une action peut ne pas atteindre les objectifs fixés. Au lieu d’attendre, parfois il est plus judicieux de réajuster son action en cours de route. C’est notamment le cas si vous organisez un événement. Si vous n’avez pas assez d’inscrits, il faut réagir.
- Les retours sont faibles sur Facebook ? Passez aux SMS ou affiches locales.
- Les messages sont mal compris ? Simplifiez-les ou changez de ton.
Mettez à jour régulièrement votre plan selon les retours du terrain. Et je dis bien selon « les » retours du terrain. Méfiez-vous quand même des « impressions » d’une seule personne.
8. Evaluer les actions de communication
Quand une action a bien fonctionné, les ventes d’un produit ont décollé, votre webinar sur l’agriculture régénératrice a fait le plein, prenez le temps d’analyser les raisons de ce succès ! Ou au contraire, essayez de comprendre les raisons d’un échec. Qui ne se plante pas ne pousse jamais !
Certes la communication ne fait pas tout, mais les indicateurs à votre disposition vous permettent de vous corriger ou d’identifier quel outil ou quelle action a été la plus efficace. C’est la base d’une démarche de progrès.
- La participation à un salon : nombre de personnes touchées, nombre de fiches contacts, nombre de participants à un jeu…
- L’engagement : réactions, feedbacks reçus.
- Les résultats : atteinte des objectifs fixés.
Utilisez ces données pour affiner vos futures communications.
Evaluez une action… pas trop tôt !
Pour savoir si une action digitale est efficace, il faut parfois du temps. Par exemple, vous mettez en place une campagne Google Ads qui pointe vers une landing page (une page Web avec un formulaire ou achat). L’algorithme de Google a besoin de temps pour apprendre à identifier les bons profils d’internautes, tester différents placements et formats et ajuster les enchères automatiquement. Selon les sources en ligne, cette phase d’apprentissage peut durer de 7 jours à plusieurs semaines. C’est normal si les ventes ne décollent pas juste après l’activation de la campagne.
Ma conclusion : la communication est une culture de précision !
Un plan de communication structuré est un atout majeur pour le succès de votre projet. En agriculture, on dit souvent qu’il faut appliquer la bonne dose, au bon endroit, au bon moment. Pour communication, c’est exactement la même chose finalement. En suivant ces étapes, vous assurez une diffusion efficace de vos messages auprès des bonnes personnes, au bon moment, avec les bons outils.
Sources :
Ouvrage « L’écriture inclusive, et si on s’y mettait ? » Haddad Raphaël – Le temps de parole – Le Robert (2023)